Une personnalité Sardentaise : le Docteur Alphonse VINCENT

Alphonse VINCENT est né en 1880, décédé en 1935. Il exerça comme médecin à Sardent de 1918 à 1935.

Il était appelé le médecin des pauvres en raison de son dévouement et de sa générosité. En effet, à cette époque, la sécurité sociale n’existait pas et le Dr Vincent, dans sa grande conscience humaniste, soignait tout le monde. Si les patients pouvaient payer, ils payaient, s’ils ne pouvaient pas, il leur accorder gratuitement la même attention.

Il fut Maire de Sardent et conseiller général socialiste de la Creuse. Un monument lui rend hommage sur la place de l’église qui porte son nom. Erigé en 1937, grâce à l’initiative de la municipalité de Sardent et du maire de l’époque Amédée Peyrot et une souscription populaire. Il rend hommage au docteur et à son action. La masse de granite qui constitue le monument est surmontée d’un buste central en bronze et ornée de 2 bas reliefs latéraux également en bronze.

En 1942, le régime de Vichy a confisqué le buste dans le cadre d’une « récupération des métaux non ferreux », destinés à l’industrie de guerre allemande. Les deux bas reliefs ont été respectés. En juin 1956, une réplique du buste (réalisée à partir du plâtre original conservé par la veuve du Dr Vincent) a été remise en place. Depuis cette époque, le plâtre se trouve en mairie de Sardent dans la salle de réunion du conseil municipal.

Alphonse Vincent était un homme de convictions, humble et qui ne recherchait pas les titres. Il s’est présenté à des élections nationales, 2 fois au sénat et 1 fois à la chambre des députés. Il échoua de peu. Il était intègre, intelligent et cultivé, à la fois lettré et scientifique, passionné d’art dont le dévouement égalait la sincérité.

Il s’impliqua fortement au sein de différentes structures à caractère social, au sein du comité d’hygiène sociale de la Creuse, notamment en 1928 en faveur de la lutte contre la tuberculose. A l’époque ou cette maladie faisait des ravages dévastateurs, il avait prononcé la phrase suivante : « la mort aime les jeunes. Chacun de nous porte en son coeur, un coin de cimetière et, dans ce coin de cimetière, quelques tombes blanches. C’est pour qu’on ne voie plus de ces tombes blanches, que je fais appel à vous tous dans la croisade contre le terrible fléau ». Il clame haut et fort l’impérieuse nécessité du dispensaire antituberculeux, centre idéal de dépistage et de prophylaxie. Il fut également président de la fédération des oeuvres laïques de la Creuse en 1931. Il accéda à cette charge sans l’avoir sollicitée. En effet le Dr Vincent, fils d’instituteur était un fervent défenseur de la laïcité, il avait prononcé devant le recteur d’académie à l’assemblée générale du 2 avril 1933, les propos suivants : « Vous, maîtres de nos écoles, et nous militants laïques, nous sortons des rangs du peuple ; souvenons nous que nous sommes un peu des privilégiés, des privilégiés de l’instruction ; et n’allons pas oublier que ce privilège nous crée des devoirs. Si nous venons à l’oublier, les populations de nos campagnes ne nous le pardonneraient pas ».

L’engagement du Dr Vincent était total, autant comme médecin, que républicain laïc épris de progrès social, qu'en tant que politique au sens noble du terme. Toute sa vie aura été guidée par le don de soi, donner aux autres, leur apporter encore et encore.

Il est décédé prématurément en septembre 1935 et repose au cimetière de Sardent .

 


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