Claude Chabrol

Né en 1930, critique aux Cahiers du cinéma, initiateur (avec Le beau Serge et Les Cousins) de la Nouvelle Vague en 1958, il a construit en quatre décennies une des oeuvres les plus complètes du cinéma français. Il a fêté en 1997 son cinquantième film, sans tenir compte de ses collaborations à des films à sketches et de ses réalisations pour la télévision.

Chabrol alterne avec aisance des films d'auteur, des adaptations littéraires (de Flaubert à Simenon), des films de genre : il est à l'aise dans le film criminel, qu'il le prenne au sérieux ou le détourne en comédie. Le meilleur de son oeuvre, tous genres confondus, est dans l'observation et le rendu volontiers féroce d'une bourgeoisie, souvent provinciale, qu'il connaît assez bien pour la traiter sans indulgence. Caustique ou goguenard, balzacien bon vivant et metteur en scène méticuleux, désabusé mais pas méchant, il creuse un long sillon personnel dans le réalisme noir de la comédie humaine

 

Le beau Serge de Claude Chabrol 1958


Réalisation : Claude Chabrol
Scénario : Claude Chabrol

Image : Henri Decae

Musique : Emile Delpierre
Production : Ajym Films
Noir et blanc Durée : 93 minutes

Interprètes : Gérard Blain (Serge), Jean-Claude Brialy (François), Bernadette Lafont (Marie), Michèle Meritz (Yvonne), Claude Cerval (le curé), Philippe de Broca, Jacques Rivette et les habitants de Sardent, Creuse.

François, étudiant à Paris, convalescent, retrouve Sardent, le village de son enfance. Son ami Serge est devenu une épave alcoolique, parce que sa femme a accouché d'un enfant trisomique. Serge est d'autant plus malheureux et odieux que sa femme est de nouveau enceinte. François veut sauver Serge, à tout prix.

 

Il y a cinquante ans un garçon qui avait "quelque chose à dire" composait un recueil de poèmes. Il y a vingt ans, il écrivait un roman. Aujourd'hui, il rêve de faire un film. Certes Chabrol a eu de la chance. La petite histoire raconte que c'est avec le fruit d'un héritage qu'il a pu mettre son Beau Serge en chantier. Mais là n'est pas l'important; Ce qui compte à nos yeux, ce qui nous paraît à la fois à la fois symbolique et exemplaire dans l'aventure de Chabrol, c'est qu'elle caractérise au plus haut point ce besoin, dont nous parlions tout à l'heure, qu'éprouve la nouvelle génération de s'exprimer par le cinéma. En préférant son indépendance aux facilités qu'il aurait pu trouver à droite et à gauche, Chabrol a eu un réflexe d'auteur. Il s'est voulu libre avant tout, libre de dire ce qu'il avait à dire, quels que fussent les risques que comportait cette liberté. Avec l'aide du ciel, presque sans armes et sans bagages, il lui a été donné de jouer ainsi les francs tireurs.

Jean de Baroncelli Le Monde, 17 février 1959

2000 - Merci pour le chocolat
1999 - Au coeur du mensonge
1997 - Rien ne va plus
1995 - La cérémonie
1994 - L'enfer
1993 - L'oeil de Vichy
1992 - Betty
1991 - Madame Bovary
1990 - Docteur M
1990 - Jours tranquilles à Clichy
1988 - Une affaire de femmes
1987 - Le cri du hibou
1986 - Masques
1985 - Inspecteur Lavardin
1984 - Poulet au vinaigre
1984 - Le sang des autres
1982 - Les fantômes du chapelier
1980 - Le cheval d'orgueil
1978 - Violette Nozière
1977 - Les liens de sang
1976 - Alice ou la dernière fugue
1975 - Folies bourgeoises
1975 - Les magiciens
1974 - Les innocents aux mains sales
1974 - Une partie de plaisir
1973 - Nada
1972 - Les noces rouges
1972 - Docteur Popaul
1971 - La décade prodigieuse
1970 - Juste avant la nuit
1970 - La rupture
1969 - Le boucher
1969 - Que la bête meure
1968 - La femme infidèle
1967 - Les biches
1967 - La route de Corinthe
1966 - Le scandale
1966 - La ligne de démarcation
1965 - Le Tigre se parfume à la dynamite
1965 - Marie Chantal contre Docteur Kah
1964 - Le Tigre aime la chair fraîche
1962 - Landru
1961 - Ophelia
1961 - L'Oeil du malin
1960 - Les godelureaux
1959 - Les bonnes femmes
1959 - A double tour
1958 - Les cousins
1958 - Le beau Serge


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