Les maçons de la Creuse

 

CHRONOLOGIE:

Milieu du XVème siècle : la fin de la guerre de Cent Ans voit le début des migrations en liaison avec une pression démographique excessive dans une province d'agriculture pauvre. Dans le même temps, les besoins de main-d'œuvre dans les centres urbains s'accroissent à une époque de redémarrage économique.

A la veille de la Révolution de 1789 : plusieurs milliers de Marchois travaillent à Paris dans les divers métiers du bâtiment.

XIXème siècle : apogée des migrations: 34 000 migrants annuels à la fin de la Monarchie de juillet, 45 000 sous le Second Empire et au début de la troisième République.

Après 1880 : le départ saisonnier devient pluriannuel puis définitif et disparaît à peu près complètement avant 1914.

LE TRAJET VERS PARIS

Jusqu'à l'apparition du chemin de fer (milieu du XIX° siècle), les migrants effectuent à pied le trajet de la Creuse à Paris, en passant par Issoudun, Vierzon, Orléans. Le parcours se fait en 5 étapes de 50 à 60 km que les migrants effectuent en groupe. Le départ a lieu début mars et le retour fin novembre.

RÔLE ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DES MIGRATIONS.

Les ouvriers creusois fournissent la plus grande partie de la main-d'œuvre du bâtiment parisien, notamment au XIX° siècle et participent très largement aux grands travaux réalisés à l'époque d'Haussmann (1858-1870). Ils sont mêlés aux grands événements politiques: révolutions de 1830, 1848, 1871.

Les migrations modèlent profondément les mentalités creusoises: elles contribuent à diffuser le goût de l'instruction. Les migrants ont réussi par leurs engagements, leurs travaux, leur réussite professionnelle, à conquérir cette dignité qui leur permet à la fin du XIX° de signer fièrement: "un maçon de la Creuse".

MARTIN NADAUD (1815-1898)

Né en 1815 à la Martinèche, commune de Soubrebost (canton de Pontarion). Il commence à travailler sur les chantiers parisiens à l'âge de 15 ans. Député de la Creuse de 1849 à 1851, et de 1876 à 1889. Auteur des "mémoires de Léonard", document essentiel sur la vie des migrants des années 1830-1848, mais aussi d'une expression restée fort célèbre: "Quand le bâtiment va, tout va".


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