Quatre jours du Trial de la Creuse

 

LE TRIAL LE PLUS DISPUTE DU MONDE   video

LE BONHEUR, SI TU VEUX !

Dominique est venu du Nord. Il a attrapé le virus du trial il y a deux ans. Sa tente, il l'a plantée dans un pré. Et a connu quelques angoisses avant d'attaquer le premier jour. Épais comme un bottin creusois, il avait peur de ne pas tenir le choc. Mais totalement envoûté par l'ambiance, les zones et l'interzone, il se surpasse de jour en jour. Au soir de la dernière journée de course, radieux, il lâche: " J'ai vécu mon Dakar de trialiste ".

Un Dakar aux senteurs particulières où dominent l'odeur sucrée des fougères et les lumières fortes où, comme dans un Matisse, le jaune, le noir et le vert tranchent avec le gris.

Et si toi, trialiste, tu veux vivre ce bonheur, tu n'as pas besoin d'une moto dernier cri, d'un équipement de top model et d'un niveau de Champion du monde. Il te suffit de réserver ton prochain week-end du 14 juillet et de venir prendre ton pied. Il y aura toujours une catégorie adaptée à tes désirs?

 

L'INVENTION DU SPORT DE MASSE

SARDENT,

Un gars botté, casqué et ganté déboule dans le bar de M. et Mme Chevalier, le troquet-épicerie-hôtel restaurant de la place de Sardent. De son bénard aux couleurs passées par la boue et la poussière de 320 kilomètres d'interzone, il sort un billet de cent à Jacky Chevalier, le boss.
Le ventre en avant, l'oeil interrogateur, Jacky est perplexe. Le trialiste se fend d'un immense sourire : " Les commissaires de zone viennent bien ici, ce soir ? Eh bien, offrez-leur pour cent balles d'apéro. C'est de la part du n° 303. Au revoir et à l'année prochaine ! "
Il n'a pas retiré son casque, n'a pas dit son nom. Il a repris sa moto pour la sangler sur une remorque et repartir, repu de bonheur, vers la ville. Une ville bien loin de la Creuse profonde. Une Creuse si belle et si déserte qui, depuis quinze ans, magnétise trois ou quatre centaines de trialistes. Une horde pacifique, joyeuse mais appliquée, qui débarque de l'Europe entière pour célébrer l'invention fabuleuse du tandem Neyraud/Servos : le trial de masse.

Un rein foutu à l'automne lui a fait perdre une bonne trentaine de kilos. Mais les vicissitudes engendrées par le poids de ses soixante-dix printemps n'ont pas tari ses yeux bleus. Le vieux Servos a du mal à refouler une larme de bonheur lorsqu'il croise, dans l'un des trois bars du "Triangle des Bermudes" (l'affectueux nom donné par les habitués aux cafés de la place de Sardent), une poignée de pilotes en goguette entre deux tours.

Attablés autour de pastis et d'énormes sandwiches, carton de pointage autour du cou, comme les autres, ils refont le monde : " La dalle de la zone 3 elle passait bien en enroulant derrière l'arbre. Sur un filet de gaz, c'était du velours. T'avais juste à plier les genoux. Ah, ben je vais reprendre un pastis.. et vous ? ".

Ecrasée d'un coup de pouce précis, la larme termine sa course sur la joue burinée de François, le géniteur des Quatre jours. Il tourne la tête et fouille dans ses souvenirs : " Quatre ans après la naissance de notre moto club, nous organisions la manche française du Championnat du monde de Trial. C'est là que nous nous sommes demandés ce que l'on pouvait offrir de plus. "
En fait, l'idée géniale vient du vieux fantasme de son fils, Jean-François : créer une réplique creusoise des Six jours d'Ecosse. La version française se déroulera sur quatre jours: au week-end de l'Ascension 1981.
À l'époque, le trial mondial est en pleine révolution et nos deux compères rêvent de sport d'élite : " Jusqu'au jour, en 1985-86, où j'ai croisé un tas de pilotes en train de casser la croûte dans un pré au beau milieu d'un tour. Là, j'ai compris qu'il fallait que les Quatre jours soient avant tout une épreuve pour la masse ", rigole François. De toute façon, les "bons" ne sont jamais venus dans la Creuse, à cause du calendrier et du pont du 14 juillet sur lequel, depuis quatorze ans, se sont installés les Quatre jours. Qu'importe, aujourd'hui il y a trois cents pilotes... Et Berlatier qui, après avoir ignoré le phénomène, est devenu un véritable accro au rendez-vous avec un acharnement étonnant.

Comme les autres plantent la tente, il pose sa caravane face au lac de Masmangeas, délaisse son verre de vin pour saisir le guidon de sa GasGas, histoire de gagner la course avant de regarder son petit Alexandre piquer une tête dans l'eau noire du lac.

Les Quatre jours, c'est ça ! Un mélange de bonne humeur, de vacances, de randonnée dans les somptueuses interzones et de trial parfait. Ça c'est le domaine de Jean-François Neyraud, le fils de Servos. Président de l'ATC St-Christophe, il saute sur sa moto de fonction dès six heures du matin, avec ses potes Boys et Lelache, pour peaufiner une dernière fois le parcours du jour.
La vingtaine de zones quotidiennes est tracée avec amour pour chacune des quatre catégories. Mais plus que de l'amour, il y a du génie, une patte à part dans la façon de poser les flèches sur le granit creusois : " Pour piger les trajectoires, il suffit de viser les crêtes des cailloux.. Tu te mets à quatre pattes et les lignes droites apparaissent toutes seules. Après, il suffit de plier les genoux pour accompagner la moto et surtout de ne pas s'arrêter
".

Une façon quasi-ancestrale de piger la zone... Que les Anglais (plus de quarante au départ), apprécient particulièrement : " À tel point qu'ils m'ont demandé de venir leur tracer une épreuve mais je n'ai pas le temps", avoue Neyraud, pas peu fier...

Article paru dans MOTO REVUE - jeudi 20 juillet 1995

Les 4 jours c'est:

 

Athlétique Trial Club Saint Christophe

Ce club est né en 1976, grâce à deux passionnés de moto que sont Jean François Neyraud et François Servoz. De ces deux là, une nouvelle conception du trial va voir le jour : le trial de masse. En créant les " Quatre Jours de la Creuse "ils réussissent un très beau pari et aujourd'hui ce sont plus de 400 passionnés de toute l'Europe qui viennent chaque année à Sardent dans la Creuse?

1976 : naissance du club et 1er enduro initiation à Sardent. (1ère participation d'un certain Gilles Lallay).

1978 : Championnat de France d'enduro à Sardent : 450 participants.

1980 : Championnat du monde de Trial à Saint Christophe.

1981 : Création des  " Quatre Jours de la Creuse " à Saint Christophe.

1985 : L'épreuve se déplace à Sardent et accueille 120 participants.

2000 : 368 pilotes prennent part à l'épreuve.

 pour de plus amples renseignements

Quatre jours du Trial - Contact :  Jean-François Neyraud (16) 55 52 76 99


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